FrançaisEnglish

Érudit | Dépôt de documents >
CÉRIS - Centre d'étude et de recherche en intervention sociale >
3. Série Conférences >

Please use this identifier to cite or link to this item:

https://depot.erudit.org/id/002960dd

Title: Actes du colloque : les communications à l'ère du village global
Authors: Filion, Michel
Beauregard, Claude
Issue Date: 2006-10
Publisher: Copublication de la Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités
Citation: Filion, Michel et Claude Beauregard (sous la dir.) (2007). Actes du colloques : Les communications à l'ère du village global. Cahier de la Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités, Université du Québec en Outaouais, 53 p.
Series/Report no.: Conférences;
Abstract: Présentation et introduction – Les communications à l'ère du village global par Michel Filion, Historien et professeur au département de travail social et des sciences sociales de l'UQO. Il est membre du GRMM et de la CRDC de l'UQO. Il me fait grand plaisir d'accueillir les participants, présentateurs et auditeurs, à ce colloque organisé par le Groupe de recherche sur les médias de masse (GRMM) de l'Université du Québec en Outaouais. Parrainé par la Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités (CRDC), cet événement s'inscrit dans la foulée de la majeure en communication du baccalauréat en sciences sociales qui en est à sa deuxième année d'existence et qui connaît un grand succès dont les étudiants ici présents aujourd'hui sont la plus belle expression. Pourquoi parler des communications à l'ère du village global? Qu'entend-on par «village global», une formule qui annonçait un changement substantiel lorsqu'elle fut lancée par Marshall McLuhan, ce grand intellectuel décédé il y a exactement un quart de siècle? Arrêtons-nous un peu à lui. Le vedettariat s'est considérablement élargi avec l'explosion des communications de masse. Du jour au lendemain, des individus atteignent le rang de stars pour peu que des producteurs d'émissions-réalités les transforment en académiciens à grand renfort de publicité. Ce phénomène rend bien compte du pouvoir des médias. Des intellectuels l'ont aussi bien compris et il est devenu courant d'utiliser les médias de masse pour alimenter une réflexion sur leur rôle, leur influence, leur pouvoir. Il nous est donc régulièrement donné d'entendre à la radio ou de voir à la télévision des professeurs et des penseurs dont la renommée déborde du cadre universitaire et intellectuel et qui jouissent même d'une «popularité» certaine. Noam Chomsky et Dominique Wolton, par exemple, savent justement utiliser les moyens modernes à des fins de rayonnement de leurs idées, aussi critiques soient-elles. Cette situation était beaucoup moins commune dans les années cinquante et soixante, à plus forte raison pour un intellectuel canadien se penchant sur un phénomène médiatique encore en émergence. Herbert Marshall McLuhan (1911-1980) a pourtant réussi à atteindre une reconnaissance telle que ses principaux néologismes, «le média est le message» et, surtout, le «village global», font maintenant partie des expressions courantes. Il est même devenu l'objet d'un véritable culte né notamment de l'intérêt que lui ont porté les figures de proue de l'ère psychédélique: John Lennon, Woody Allen et Timothy Leary pour ne citer que ceux-là. Ses théories sont pourtant abstraites, complexes pour ne pas dire un peu confuses, mais non pas dénuées d'une originalité certaine. Ceci explique certainement cela, sans compter que l'homme savait secouer son auditoire et séduire ses disciples avides d'idées «révolutionnaires». Il savait aussi ratisser largement en accordant des entrevues et des articles à des publications grand public comme Fortune , Esquire , TV Guide , Family Circle , Look , Vogue , Mademoiselle , Playboy , etc. La pensée de McLuhan, qui s'exprime principalement dans deux oeuvres maîtresses, La Galaxie Gutenberg (1962) et Pour comprendre les médias (1964), se fonde sur un axiome: les médias sont des prolongements des facultés humaines. Comme la roue prolonge le pied, la radio prolonge la voix et la télévision prolonge la vue. Les ordinateurs, quant à eux, allaient devenir les prolongements du système nerveux central de l'être humain. Précisons à ce sujet que, de son vivant, McLuhan n'aura connu que les balbutiements de l'Internet et de la convergence. Selon lui, le foisonnement des moyens de communication moderne allait redonner à la communauté humaine son statut de tribu et faire de la planète rien de moins qu'un grand village à l'ère de la globalisation. Or, selon McLuhan, non seulement les outils de la communication prolongent les facultés humaines, mais ils en viennent à les transformer. McLuhan parle alors de la «simulation technologique de la conscience». Le canal devient plus important que le contenu, le média devient le message. Il s'agit d'une pensée métaphysique ayant l'avantage de traiter les médias comme un phénomène global. Mais, en contrepartie, elle les décontextualise pour en faire des entités autonomes: les rapports de force sont ainsi évacués du cadre théorique qui sombre dans une forme de déterminisme technologique somme toute assez optimiste. Il n'est donc pas étonnant que McLuhan ait connu une immense popularité aux États-Unis dont il ne remet pas en question les grands empires d'information et de communication au contraire d'autres interprétations comme celle des théoriciens critiques de l'École de Francfort par exemple. C'est pourquoi il convient, peut-être plus que jamais, de nous interroger sur la nature de cette nouvelle «conscience» planétaire. On peut d'abord se demander si elle existe vraiment alors que de grands pans de l'humanité commencent à peine à accéder aux communications électroniques. Là où les moyens existent, on peut se demander si cette conscience est neutre, c'est-à-dire dénuée d'intérêt, et porteuse d'une promesse de véritable démocratie? En d'autres mots, en ce 21 e siècle débutant, avons-nous droit à une information véritable alors que triomphe l'économie de marché et que les agendas politiques sont tout autant à l'ordre du jour qu'ils l'ont été depuis l'émergence des médias de masse? Le colloque d'aujourd'hui pose ces questions tant à l'échelle globale que locale. Dans ce que nous appelons la société de l'information, les villageois de la globalité - que nous sommes - sont-ils tous également représentés et accèdent-ils à une connaissance profonde et nuancée du monde?
URI: https://depot.erudit.org/id/002960dd
ISBN: 2-89251-295-6
Appears in Collections:3. Série Conférences

Files in This Item:

Communication.pdf, (Adobe PDF ; 446,29 kB)

Items in the Repository are protected by copyright, with all rights reserved, unless otherwise indicated.

 

About Érudit | Subscriptions | RSS | Terms of Use | Contact us |

Consortium Érudit ©  2014