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Title: Le potentiel des jardins communautaires pour le développement des collectivités locales : éléments pour l'analyse de l'intervention au Mexique et au Québec
Authors: Boulianne, Manon
Issue Date: 1998
Publisher: Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités
Citation: Boulianne, Manon (1998). Le potentiel des jardins communautaires pour le développement des collectivités locales: éléments pour l'analyse de l'intervention au Mexique et au Québec. Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités, Série Conférences no.3, Université du Québec en Outaouais, 27 pages.
Series/Report no.: Conférences;3
Abstract: Ce texte porte sur le jardinage communautaire. Y sont présentées cinq expériences de jardins ayant cours au Mexique et au Québec. Bien qu'elles se déroulent dans des contextes distincts, elles sont abordées à partir d'une problématique commune, celle de leur contribution potentielle au développement local. Les données proviennent principalement d'observations in situ et d'entrevues réalisées entre juillet et octobre 1998 auprès d'une trentaine d'intervenants et de jardiniers au Québec et au Mexique. Chacune des initiatives présentées est unique; néanmoins, en organisant la description des cas autour de thèmes communs, certains parallèles s'imposent et des conclusions préliminaires se dessinent. 1. Agriculture urbaine, jardinage communautaire et développement Le jardinage communautaire est une forme particulière d'agriculture urbaine. La notion d'agriculture urbaine renvoie à une variété d'activités réalisées dans les limites ou en périphérie des agglomérations urbaines (Mougeot, 1994). Dans son acception la plus large, elle englobe la production de légumes, de fruits, d'herbes, de fleurs, de champignons; l'élevage de porcs, de cochons d'inde, de chèvres, de volaille; l'aquiculture, l'apiculture, les activités de production forestière ainsi que la transformation et la vente des produits de ces activités dans les villes (Egziabher, 1994: 86). Dans un sens plus restreint, elle réfère uniquement à la production d'aliments en milieu urbain (Nugent, 1997). C'est cette dernière acception qui est utilisée ici. Dans cette recherche, trois types de jardins sont regroupés sous l'appellation de jardins communautaires. Les jardins du premier type sont constitués d'un ensemble de lopins contigus situés dans un espace commun géré de façon collective. Chaque jardinier exploite son lopin comme bon lui semble, dans les limites des règlements établis par l'assemblée des membres. Les jardins collectifs constituent un second type inclus dans la notion de jardins communautaires. Dans ce cas, il s'agit d'une parcelle unique exploitée par un ou plusieurs groupes de jardiniers. Le dernier type de jardins communautaires correspond aux potagers domestiques issus d'une intervention de développement. Dans ce cas, les jardiniers n'entrent pas en interaction sur un espace public. Chacun cultive son lopin chez soi, dans sa cour. Cependant, ces jardins ont été mis en place sous l'égide d'organismes voués au développement communautaire. Les jardins y sont donc conçus comme un outil de développement communautaire. C'est au Mexique que l'on trouve ce genre d'intervention en agriculture urbaine. La production d'aliments en milieu urbain est loin d'être une réalité nouvelle. De tout temps, les habitants des villes ou des zones périurbaines ont pratiqué le maraîchage et la petite production vivrière. Cependant, au cours des trente dernières années, l'agriculture urbaine s'est constituée en un nouveau champ d'intervention dans le domaine du développement international. Au début des années 1970, certains consultants en développement international commencent à employer l'expression " agriculture urbaine " pour faire référence à des projets d'intervention visant à aider les populations locales à mettre en place ou à améliorer les conditions nécessaires à la production d'aliments en zone urbaine. Aujourd'hui, l'expression est largement reconnue dans le milieu du développement international. L'agriculture urbaine constitue même, chez certaines organisations oeuvrant dans ce domaine, un volet prioritaire de recherche ou d'intervention. Tel est le cas au Centre de recherches pour le développement international (CRDI) d'Ottawa, ainsi qu'au Réseau international de l'agriculture urbaine (TUAN), à Washington. Il n'y a cependant pas qu'au Sud que l'agriculture urbaine fasse l'objet d'interventions de développement. Dans les pays du Nord, aux prises eux aussi avec des problèmes sociaux provoqués par la mondialisation d'une économie néolibérale - montée généralisée de la pauvreté et de l'exclusion, perte des référents identitaires liés à l'emploi, dégradation environnementale, etc. - l'agriculture urbaine et, notamment, le jardinage communautaire, sont considérés par un nombre croissant d'intervenants comme une activité devant être encouragée par les pouvoirs publics puisqu'elle serait susceptible de contribuer à la résolution de plusieurs de ces problèmes. Devant la multiplication des expériences mises de l'avant, une question se pose : ces interventions favorisent-elles le développement local? Pour en juger, il importe d'évaluer, à l'aide de cas concrets, quels sont les impacts de ces interventions sur le changement social, ce qui permettra d'identifier sous quelles conditions le jardinage communautaire peut jouer un rôle favorable pour le développement local. Mon analyse des expériences de jardinage communautaire est organisée autour de six éléments : 1) les visées des promoteurs, 2) le statut juridique des organisations, 3) leurs sources de financement, 4) les activités réalisées, 5) les catégories de participants et 6) les impacts sociaux des jardins. J'y établis une relation entre les visées des promoteurs de jardins, les types d'organisations qui les prennent en charge, leurs implications pour les individus qui y participent ainsi que pour la collectivité. Cette approche, qui découpe la réalité en trois champs distincts, s'inspire de celle mise de l'avant par Labrecque (1997) pour l'analyse des impacts des projets de développement sur le changement social et plus particulièrement sur les rapports de genre en Colombie. Le premier de ces champs est celui des structures; le second, celui des organisations et le troisième, celui des individus. Cette analyse permettra de montrer que certaines expériences de jardins communautaires sont menées par des organismes qui, dès la conception du projet, favorisent une dynamique de participation où les jardiniers se conçoivent et s'activent comme des sujets et des acteurs sociaux tandis que d'autres concourent davantage à les enfermer dans une image passive d'eux-mêmes tout en les confinant dans un statut de bénéficiaires de politiques et de programmes sociaux.
URI: https://depot.erudit.org/id/002954dd
ISBN: 2-89251-912-8
Appears in Collections:3. Série Conférences

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